L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a annoncé mercredi matin, sur France Inter, son retrait de la direction du parti Renaissance. Elle a indiqué qu’elle resterait simple adhérente, mais qu’elle ne se reconnaît plus pleinement dans la ligne actuelle portée par Gabriel Attal.
« Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne, qui n’est pas forcément débattue au sein de Renaissance », a-t-elle expliqué, justifiant sa décision de quitter le Conseil national et de se mettre en retrait du bureau exécutif. Elle a également annoncé vouloir se consacrer à sa propre structure, « Bâtissons ensemble », destinée à rassembler au-delà des formations politiques.
Dans le même temps, Élisabeth Borne assure rester attachée aux militants et aux valeurs fondatrices du mouvement en 2017, tout en refusant désormais de participer à ses instances dirigeantes.
Élisabeth Borne : des tensions internes persistantes et une critique du fonctionnement du parti
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions internes au sein de Renaissance, alors que Gabriel Attal multiplie les initiatives politiques en vue de la présidentielle de 2027. L’ancienne cheffe du gouvernement s’était déjà montrée critique vis-à-vis de certaines orientations du parti, notamment sur des sujets de société comme l’interdiction du voile pour les mineures.
Ses désaccords portent aussi sur la méthode de gouvernance. Elle a notamment exprimé une réserve sur ce qu’elle considère comme un fonctionnement trop vertical du pouvoir, affirmant être opposée à un « pouvoir solitaire ». Elle a également évoqué des divergences sur des principes institutionnels, citant le respect du droit international, du Conseil constitutionnel et de la Constitution.
En coulisses, plusieurs épisodes témoignent de ces tensions persistantes. En 2024, Élisabeth Borne avait envisagé de prendre la tête de Renaissance avant de renoncer à présenter une liste, après un accord avec Gabriel Attal lui confiant la présidence du Conseil national. Mais les relations entre les deux figures du macronisme se seraient progressivement distendues, l’ancienne Première ministre ne s’étant jamais pleinement inscrite dans la dynamique impulsée par son successeur à Matignon.
Absente de plusieurs réunions stratégiques récentes, dont un bureau exécutif consacré à la désignation du futur candidat du parti à la présidentielle, elle laisse désormais le champ libre aux débats internes sur l’organisation et l’orientation de Renaissance, à quelques jours d’un Conseil national décisif.
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